Championnats du monde de Ping-Pong-Parkinson 2026
Nous sommes de retour à la maison. Il est temps pour moi de redescendre sur terre après cette incroyable aventure aux Championnats du monde de ping-pong Parkinson, avec l’équipe suisse. La terre ferme est un peu moins rapide que le TGV, mais elle a l’avantage de ne pas annoncer de retard sur l’écran.
Je sais que je n’ai pas répondu à vos nombreux messages et sollicitations. Pendant dix jours, j’étais dans ma bulle sportive : entre les matchs, les déplacements, les rencontres et les horaires, mon téléphone a surtout servi à vérifier l’heure. Finalement, dix jours, ce n’est pas si long… mais cela fait un bien immense de pouvoir tout mettre de côté et de vivre pleinement l’instant.
Je m’excuse aussi de ne pas avoir répondu le jour de mon anniversaire. Merci pour toutes vos marques d’affection ! Pour une fois, j’ai pu le fêter avec mon équipe suisse. C’était grandiose : gâteau, coéquipiers, ambiance de championnat… Il ne manquait presque que le discours officiel et le lancer de raquettes. J’ai aussi reçu une magnifique carte, que je garderai précieusement.
Et quelle aventure ! Juste avant le départ, mon partenaire de double mixte m’a annoncé qu’il ne pourrait pas venir. Petit détail de dernière minute : il me fallait donc trouver un nouveau partenaire. Heureusement, Walter a accepté de relever le défi. Le double mixte était sauvé — et moi aussi, au moins pour cette partie du programme.
Ensuite, il a fallu retrouver l’équipe suisse à Bâle, avec les nombreux problèmes de trains de ces derniers jours. Disons que le premier match a commencé avant même d’arriver à la salle : discipline « orientation dans une gare », catégorie « garder son calme malgré les annonces ».
Puis, dans le TGV en direction de Hanovre, nous avons filé à plus de 250 km/h. C’était impressionnant. À cette vitesse, même les pensées ont intérêt à bien s’accrocher.
À l’hôtel, nous avons débarqué à 36 : joueurs et staff. Une petite équipe, donc — à peu près la taille d’un village. Il fallait prendre possession des lieux et se faire comprendre en suisse allemand ou en allemand. Je progresse dans cette langue : j’apprends vite ! Enfin, assez vite pour commander un café et donner l’impression que je maîtrise la situation.
Au-delà du sport, il y a surtout les rencontres, les échanges et toutes ces histoires de vie reliées par un même dénominateur : Parkinson. J’ai parlé avec des personnes de plusieurs pays. Et comme je parle espagnol, j’ai même pu échanger avec l’équipe du Chili. Le ping-pong voyage vraiment loin — parfois plus loin que les balles.
Je suis très contente de mon parcours dans les trois disciplines : simple dames, double dames et double mixte. C’est avec Walter, en double mixte, que nous sommes allés le plus loin : nous avons terminé troisièmes en catégorie B ! Le podium était là, les émotions aussi, et nos raquettes avaient bien mérité un peu de repos.
Je ne peux pas tout raconter ici, mais je suis vraiment heureuse de cette expérience et de mon parcours. Finalement, me retrouver en catégorie 1 n’a pas été négatif du tout. Au contraire, cela m’a poussée à me dépasser. Il semblerait que parfois, être envoyée dans le grand bain aide à mieux nager — même avec une raquette à la main.
Et maintenant, la grande question : quelle sera la suite ? Continuer, prendre le temps de jouer pour le plaisir, ou garder un peu de pression pour rester motivée ? Sans doute un mélange des deux : du plaisir, de l’entraînement et juste assez de tension pour éviter que la raquette ne s’endorme.
En 2027, les championnats auront lieu à Macolin… et mon fan-club viendra me voir ! Je vais donc devoir m’entraîner sérieusement : il faudra être en forme pour les matchs, mais aussi pour saluer tout le monde après.
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