La limite
La limite dans le sport…
Cette question m’est venue après les Jeux Olympiques, en regardant ces femmes et ces hommes qui donnent tout, parfois même plus que ce que leur corps peut offrir.
Faut-il mettre une limite ? Où s’arrête le courage, et où commence la sagesse ?
Je crois que nous ne pouvons pas tout faire, même lorsque le cœur brûle de continuer.
En voyant Lindsey Vonn, je me suis interrogée. Était-il juste de la laisser partir alors qu’elle n’était peut-être pas totalement remise de sa chute ?
Mais les Jeux n’attendent pas. Ils passent tous les quatre ans, et à 41 ans, le temps n’a plus la même patience.
Quand on possède un palmarès aussi immense — des dizaines de victoires, des titres, des médailles — on comprend ce besoin d’aller jusqu’au bout, de ne rien regretter.
Alors la question reste ouverte : fallait-il la laisser partir ?
À l’inverse, il y a Federica Brignone, qui a choisi d’attendre. Une année entière pour guérir, pour reconstruire, pour revenir. Et ce retour s’est transformé en victoire, en deux médailles d’or, comme une récompense pour la patience et la confiance. Je pense aussi à Lara Gut-Behrami, qui a su renoncer pour se soigner.
Renoncer… ce mot qui ressemble à une défaite mais qui, parfois, cache une force immense.
Ces histoires me touchent parce qu’elles parlent aussi un peu de nous tous. J’ai connu le sport à travers mes enfants, à travers mes courses en nordic walking, et aujourd’hui à travers le ping-pong avec PingPong Parkinson.
Ce n’est pas le même niveau certes, pas la même lumière, mais la même leçon : écouter son corps, respecter ses limites, continuer malgré tout.
Il n’existe pas de réponse simple, toute faite. Il y a la médecine, les fédérations, les rêves, la pression… et surtout le cœur de l’athlète. Déclarer forfait à quelques jours des Jeux, voir un rêve s’envoler, c’est une douleur silencieuse que peu comprennent. Mais jouer avec sa santé n’est jamais une victoire.
Notre corps est un cadeau, un compagnon de route qu’il faut protéger.
Accepter ses limites ne fait pas de nous des personnes faibles. Au contraire, cela fait de nous des êtres plus grands, plus conscients, plus vivants. La vraie victoire n’est pas toujours sur un podium ; parfois, elle se trouve dans la décision de s’arrêter pour mieux continuer, dans le choix de durer plutôt que de brûler trop vite.
Je ne juge pas, je respecte. Chaque athlète porte son histoire, ses combats, ses choix.
Et je dis bravo à tous pour ces Jeux magnifiques, pour ces émotions offertes au monde entier.
Avec une dédicace toute particulière à nos dames du curling, qui nous rappellent que la précision, la patience et l’esprit d’équipe sont aussi des victoires — des victoires calmes, mais profondément humaines.
A tous bon sport
Nathalie
Championne suisse PPP, double mixte 2025
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